Le classement Greenpeace des fournisseurs d’électricité

Publié le 28 juin 2019 à 10h52 - Mis à jour le 29 novembre 2019 à 17h43
éolienne

La grande première du classement Greenpeace, c’était en 2018.
En 2019, Greenpeace a actualisé son classement des fournisseurs d’énergie verts, moins verts, pas verts. Beaucoup de fournisseurs proposent en effet des offres d’énergie « vertes ». Cette appellation peut néanmoins cacher des réalités bien différentes.

Les consommateurs en France sont de plus en plus préoccupés par les questions environnementales. Pour cela, de nombreuses personnes sont prêts à passer au vert en choisissant une offre d’électricité et/ou de gaz vert/e.
Tous les fournisseurs (ou presque) ont lancé leur offre verte. Que se cache derrière ces belles paroles ?

 

Les critères du classement Greenpeace

Il y a la théorie et la pratique quand on parle d’énergie verte.

En théorie, il suffit d’acheter des garanties d’origine pour qu’une offre devienne verte.
La garantie d’origine garantit que pour chaque kWh consommé par le client, un kWh vert est injecté dans le réseau. Ça peut être un kWh vert injecté en Suède, par contre. Rien ne garantit que vous ayez une chance, même infime, d’utiliser à un moment ou à un autre les électrons verts que vous avez achetés.

Cela signifie qu’un fournisseur peut très bien vous fournir de l’électricité nucléaire sous couvert d’une garantie d’origine qui la rendrait verte. Pas top.
C’est pour ça que Greenpeace a mis en place son classement. Vous pouvez différencier les fournisseurs vraiment verts des autres.

Quels fournisseurs ont été évalués ?

Seulement certains fournisseurs correspondaient aux critères pour entrer dans le classement.

  • Premièrement, ils doivent fournir de l’énergie aux particuliers.
    Les fournisseurs qui s’occupent uniquement de l’alimentation des collectivités et des entreprises ne sont pas concernés.
  • Ils doivent d’être d’une taille suffisante et présents sur le marché au moins depuis 2018.
    Oui, il faut quand même un minimum de recul pour estimer leur côté green*. Et s’ils ne sont pas assez grands, ils pourraient être désavantagés à cause de la petite masse.
  • Ils sont actifs sur le marché en France Métropolitaine. Partout.
    Ce qui veut dire que les ELD (Entreprises Locales de Distribution) ne sont pas concernées.

Les critères d’évaluation de Greenpeace

Pour établir un comparatif, Greenpeace s’est basé sur quelques critères :

  • Pour les fournisseurs qui sont également producteurs (eh non, tous ne le sont pas) : comment l’électricité est-elle produite ?
    Pour le classement, Greenpeace a tenu compte de la production en Europe et en France. Il s’est également intéressé aux capacités et aux moyens de production de chaque producteur.
  • Comment le fournisseur se procure-t-il son énergie ? D’où vient-elle ?
    Cela peut être sur les marchés de gros, chez les petits producteurs. Cela change complètement l’origine des électrons.
  • Achètent-ils des certificats d’origine ? Si oui, quelle est leur origine ?
  • Quels sont les investissements déjà effectués et ceux à venir ?

Pour faire ce classement, Greenpeace s’est non seulement intéressé à la société mère, mais également à ses filiales.
Il faut également préciser qu’il ne s’est pas penché uniquement sur les offres vertes proposées. L’ensemble des offres permet de se faire une idée plus précise. Cela bannit également les bonnes intentions sans rien derrière. À bas le greenwashing !

 

4 catégories de fournisseurs verts

Sur ces critères, Greenpeace a pu identifier quatre grandes catégories de fournisseurs afin de permettre aux consommateurs de se forger leur propre avis : les fournisseurs « vraiment verts », les fournisseurs « en bonne voie », les fournisseurs « à la traîne » et les fournisseurs « vraiment mauvais ».

Les fournisseurs « vraiment verts »

Greenpeace a jugé que la fourniture de ces compagnies d’électricité était vraiment verte. En soi, elle est à plus de 95% renouvelable. En plus, elle apporte un soutien aux petits producteurs d’électricité renouvelable.

Parmi eux, on retrouve deux lauréats ex-aequo : Enercoop et Planète Oui.
Ils se font tous les deux remarquer par un approvisionnement à 100% en énergie renouvelable. Ici, pas d’énergies fossiles ou nucléaire.
En plus, ils ont tous les deux des projets d’investissements dans de nouveaux moyens de production renouvelable. Bon pour la planète, bon pour la Transition Énergétique !

Dans le top 5, on retrouve aussi un petit nouveau, UrbanSolar. Sa particularité : soutenir l’autoconsommation. Il aide à recouvrir les toitures de panneaux photovoltaïques dans les villes.

Ilek met en relation producteurs d’énergie renouvelable et consommateurs. Il garde sa place parmi les fournisseurs vraiment verts.

Le titre de la révélation 2019 est attribué à Plüm Énergie. En un an, il est passé de la catégorie « à la traîne » dont même le nom n’est pas flatteur à « vraiment vert ». Classe. On attribuerait bien le prix de la meilleure progression, tiens.

Les fournisseurs « en bonne voie »

Greenpeace note leurs efforts pour « produire, développer et investir » dans les énergies renouvelables.

On découvre dans cette catégorie Mint Énergie et Ekwateur.
Le point à améliorer pour ces deux fournisseurs est l’achat d’énergies sur les marchés de gros. L’électricité sur ces marchés provient du mix énergétique et n’est donc entièrement verte.
Les investissements prévus par Mint Énergie sont favorables aux énergies éolienne, solaire et photovoltaïque. Il s’améliore encore et encore ! Déjà qu’entre 2018 et 2019 il y a eu de l’amélioration alors on attend le classement 2020 avec impatience !

On retrouve également Alterna et Sélia.
Les deux fournisseurs, comme Mint Énergie et Ekwateur, achètent de l’électricité sur les marchés de gros, où elle n’est pas totalement verte. Cependant, ces fournisseurs prévoient des investissements dans le développement des énergies renouvelables.

Dans cette catégorie, nous avons également GEG, Gaz et Électricité de Grenoble.
La totalité de ses investissements va dans la production et le développement d’énergies renouvelables. Mais les quantités qu’il produit ne suffisent pas pour alimenter tous ses clients. Du coup, il achète sur les marchés de gros. C’est pour cette raison qu’il est sanctionné dans ce classement.

Les fournisseurs « à la traîne »

Pour ces fournisseurs, Greenpeace juge que trop peu d’efforts ont été faits.
Ils achètent leur électricité majoritairement sur les marchés de gros. Cette électricité n’est donc pas verte. Elle est issue du mix énergétique, principalement nucléaire en France.
En plus, ces fournisseurs ne prévoient pas d’investir dans les énergies renouvelables.

Et voici la liste des fournisseurs qui doivent vraiment faire des efforts. (Mais c’est possible, la preuve avec Plüm Énergie qui était ici en 2018 et qui est vraiment vert en 2019 !)

  • Énergem a la moitié de sa production en énergies renouvelables.
  • Cdiscount Énergie et Green Yellow, tous deux du groupe Casino, ne produisent qu’un peu d’électricité verte pour se donner bonne conscience.
  • Lucia produit quelques kWh en hydraulique seulement.
  • Énergies Leclerc ne soutient pas le développement des énergies renouvelables.
  • Ohm Énergie proposent des offres d’énergie vertes alors qu’il achète l’ensemble de son électricité sur les marchés de gros.
  • Butagaz achète toute son électricité sur les marchés de gros.
  • Proxelia achète son électricité sur les marchés de gros mais prévoit quelques investissements dans les énergies renouvelables.
  • Énergies du Santerre n’a aucun projet d’achat d’énergies renouvelables.

Les fournisseurs « vraiment mauvais »

Ces fournisseurs sont qualifiés de « pollueurs » par Greenpeace. Ils investissent notamment dans le charbon, le gaz de schiste et le nucléaire. Ils se retrouvent en bas du classement.

La liste des mauvais élèves de l’énergie renouvelable selon Greenpeace :

  • Iberdrola, malgré ses efforts d’investissement dans l’éolien et le solaire, continue d’investir dans ses centrales nucléaires espagnoles.
  • Vattenfall est un gros producteur d’électricité issue du charbon, du gaz et du nucléaire. De plus, ils continuent d’entretenir leurs centrales nucléaires au lieu de penser à leur démantèlement.
  • Engie et sa filiale Happ-e continuent d’avancer vers le renouvelable. Cependant, il continue d’investir dans le nucléaire.
  • Total Direct Énergie prévoit des investissements dans les énergies renouvelables. Cependant, le groupe Total investit dans les énergies pétrolières et émettrices de CO2.
  • EDF et sa filiale Sowee n’investissent pas dans les énergies renouvelables. En plus, il investit dans le nucléaire.
  • ENI ne produit presque pas grâce à des moyens de production renouvelables et ne prévoit pas d’investissements.

 

Ces fournisseurs écolos sont-ils plus chers ?

Imaginez-vous que choisir une offre vraiment verte, c’est plus cher ? Pas besoin de mettre systématiquement la main au porte-monnaie... Voyons cela.

Nous avons comparé les tarifs des fournisseurs vraiment verts du classement Greenpeace.

Pour cela, nous avons proposé à Adrien et Marie d’être les cobayes de notre simulation.

Adrien et Marie se sentent très concernés par leur impact sur la planète. Ils n’achètent pas de vêtement neuf car c’est de la fast fashion. Ils ne veulent pas devoir les jeter au bout de seulement quelques semaines.
D’ailleurs, ils veulent globalement réduire leur nombre de déchets.

Le classement Greenpeace les a donc interpellés sur leur impact énergétique. Mais entre les différents fournisseurs vraiment verts, lequel choisir ? Payer moins cher et consommer vert est-il possible ?

Adrien et Marie sont locataires d’un appartement de 45 m². Ils utilisent l’électricité pour le chauffage, l’eau chaude, la cuisson et bien sûr, tout le reste. Ils possèdent un lave-linge.

Nous avons estimé leur consommation électrique annuelle à 7564 kWh. Ils disposent d’un compteur d’une puissance de 6 kVA et sont en option tarifaire de base.

  Tarif réglementé de l’électricité Enercoop, 1er ex-aequo Planète Oui, 1er ex-aequo, offre Eco Urban Solar Ilek Plüm Énergie
Prix du kWh TTC 0,1524 € 0,16668 € 0,1524 € 0,1716 € 0,1523 € 0,1524 €
Prix de l’abonnement annuel TTC 119,76 € 176,76 € 99,48 € 114,72 € 112,80 € 119,76 €
Facture annuelle d’électricité 1272,51 € 1437,53 € 1252,23 € 1412,70 € 1264,80 € 1272,51 €
Par rapport au tarif réglementé 0 € + 165,01 € - 20,28 € + 140,19 € - 7,72 € 0 €

* Tarifs relevés le 29/11/2019

Alors ? Envie de passer au vert ?

 

 

Tiffany Duflot

Ennemie de la paperasse et des musiques d'attente, Tiffany rejoint Olawatt dès 2019 pour illuminer le côté obscur des contrats gaz et électricité.