La compensation carbone, comment ça marche ?

Publié le 23 octobre 2019 à 10h32 - Mis à jour le 23 octobre 2019 à 10h41
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Derrière ce terme légèrement barbare de « compensation carbone » se trouvent des enjeux écologiques immenses. C’est de ces fameux certificats dont on parle quand une offre de gaz se dit verte. Notre question, et la vôtre, puisque vous êtes là, c’est de savoir comment ça marche.

 

La compensation carbone, c’est quoi ?

La neutralité carbone

Le but de la compensation carbone est d’atteindre la neutralité carbone.

En fait, quand vous consommez du gaz, vous émettez du CO2. C’est un peu inévitable.
Par contre, votre impact environnemental peut être compensé par le financement de projets de compensation ou de séquestration de carbone.

La neutralité carbone, c’est simplement arriver au point d’équilibre entre la production de CO2 et leur soustraction de l’air par des actions concrètes.

L’Ecogaz

L’Ecogaz est le résultat de la compensation carbone.

Certains fournisseurs vous proposent un gaz compensé en carbone.
Dans ce cas, c’est ce mécanisme des certificats de compensation carbone qui est utilisé.

Pour vous garantir votre neutralité carbone, votre fournisseur s’occupe d’acheter auprès d’organismes de certification des certificats, correspondant à votre consommation.
Pour 1 kWh consommé, les émissions carbone d’1 kWh sont compensées.

 

Les projets de compensation carbone

Marché de conformité et marché volontaire

Deux marchés différents sont présents sur le secteur de la compensation carbone. Ils répondent chacun à des exigences différentes.

Le marché de conformité est très utile pour la compensation obligatoire. Elle concerne les États et certaines entreprises émettrices de gaz à effet de serre.
Le marché volontaire concerne justement en grande majorité les entreprises et même les particuliers qui souhaitent atteindre la neutralité carbone, ou simplement faire un geste pour l’environnement.
Sur ce marché sont vendus divers crédits carbone dont les effets ne sont pas tous les mêmes. Certains permettront effectivement la neutralité carbone tandis que d’autres non.
Les exigences de ce marché ne sont pas les mêmes que pour le marché de conformité car il est destiné à des personnes physiques et morales désireuses d’aller plus loin que leurs obligations.

Les organismes de certification

Deux organismes ont la charge de certifier les projets de compensation de CO2. Ces organismes vérifient la viabilité des projets ainsi que leur méthode de compensation. Ainsi, ils savent chiffrer la quantité de CO2 que chacun peut traiter.

Gold Standard

Le Gold Standard est créé en 2003 par le WWF et d’autres ONG. Le but était dès le départ de devenir une référence pour le marché de la compensation carbone. Défi relevé haut la main !

Il a une liste de critères drastique qu’il faut respecter pour pouvoir inscrire un nouveau projet au Registre.

Il est présent à la fois sur le marché de conformité et sur le marché volontaire.
Sur le marché de conformité, il met à la vente auprès des entreprises des Étiquettes qui leur permettent de répondre aux exigences étatiques.
Sur le marché volontaire, il propose des Certificats de réductions d’émissions vérifiées. Ils sont destinés aux entreprises qui souhaitent aller plus loin que leurs obligations légales.
Ce sont ces certificats qui assurent la neutralité carbone proposée par les fournisseurs d’énergie.

L’UNFCC

Cette organisation fait partie des Nations Unies.
Elle délivre également des certificats de compensation carbone. Ils ont la même valeur quel que soit le mode et l’organisme de certification.

 

Le crédit carbone

Les étapes de la vie d’un crédit carbone

Avant toute émission de crédit carbone, il est important que le projet de compensation voie le jour.
Pour cela, des études super compliquées sont faites, jusqu’à ce qu’un expert décide que c’est possible. Dans cette étape, on prend le temps de chiffrer les émissions qui pourront être compensées.

Une fois que tout ça est fait, on peut demander la certification par l’un des organismes indépendants.
Si tout est dans les clous, l’organisme donnera son accord et inscrira le projet dans son grand Registre des projets.
Et il y en a beaucoup, de plus en plus d’ailleurs.

Le projet peut ensuite demander l’émission et la mise en vente de crédits carbone proportionnellement à la quantité d’émissions CO2 qu’il permet de compenser.

Après son achat, il ne peut jamais être revendu une seconde fois, il est complètement unique.

 

Un certificat de compensation carbone correspond à 1 tonne de CO2 compensée.
Par an, chaque habitant émet environ 12 tonnes de CO2.

Choisir son moyen de compensation

Il existe sur le marché volontaire plusieurs moyens de compenser le CO2.

Les certifications Kyoto

Les premières certifications dont nous avons parlé un peu plus haut répondent aux exigences de l’accord de Kyoto.
Les certifications Kyoto disponibles sur le marché volontaires ont le même niveau d’exigence que pour le marché de conformité.
On peut être sûrs de leur qualité !

Les labels volontaires

Les labels volontaires laissent apparaître une plus grande diversité dans les projets.
Certains projets qui ne rentrent pas dans les cases pour être certifiés Kyoto se tournent vers ces labels.

On retrouve par exemple dans cette catégorie les projets de reforestation.
En effet, pour ces projets sont émis des certificats au moment du plantage de l’arbre. A ce moment-là, on ne peut pourtant pas encore miser sur la quantité de CO2 qu’il pourra absorber et il faudra du recul pour qu’il devienne efficace.
Pour cette raison, un tel projet ne peut pas être certifié Kyoto. En revanche, il a toutes ses chances ici.

Aucun standard

Les projets marginaux ne remplissent pas forcément les critères.
Parfois en phase d’innovation, ils ne permettent pas encore de calculer leur impact positif sur l’environnement. Il n’y a donc aucune garantie.

Si votre fournisseur fait appel a ce type de projets, il finance donc en partie la compensation carbone de demain.

Quelques critiques

La compensation carbone est un sujet de débat.

Les entreprises qui y font appel sont accusée de green-washing.
On leur reproche, pour certaines, de faire appel à ce mécanisme de compensation pour éviter d’avoir à faire des efforts de développement durable sur leur impact quotidien.

De plus, les projets n’étant pas tous vérifiés de la même manière, la question de la réelle compensation se pose.
Heureusement, on peut se reposer sur de solides références.

 

Les questions que vous vous posez en 40 secondes

C’est quoi la neutralité carbone ?

On atteint la neutralité carbone quand tout le CO2 émis par notre consommation de gaz naturel est compensé par un projet de diminution des gaz à effet de serre.

Comment on compense des émissions carbone ?

Des projets de réduction ou de séquestration des gaz à effet de serre sont financés par l’achat de certificats de compensation carbone.

Quels fournisseurs de gaz proposent la compensation des émissions de CO2 ?

Vous pouvez choisir de souscrire à une offre de gaz vert ou compensé pour limiter votre impact énergétique. Vous pouvez retrouver ces offres en utilisant les filtres de recherche de ce comparateur d’offres.

Pourquoi les certificats de compensation carbone sont-ils critiqués ?

Des entreprises qui utilisent ces certificats sont accusées de green-washing car ces achats doivent s’inscrire dans une démarche de développement responsable. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Vous pouvez retrouver plus d’informations dans cet article. 

 

Tiffany Duflot

Ennemie de la paperasse et des musiques d'attente, Tiffany rejoint Olawatt dès 2019 pour illuminer le côté obscur des contrats gaz et électricité.

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